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Avec le blocage des ports du Nord Pas de Calais, on a le sentiment que redémarre un scénario vieux d’une vingtaine d’années. Les marins pêcheurs contestent des quotas de prises qui leur paraissent injustement bas. Eux qui naviguent toute l’année ont le sentiment qu’il y a du poisson quand les scientifiques affirment de plus en plus fort que la ressource est en danger de disparition pure et simple.
Cette fois-ci pourtant, les pêcheurs ne semblent plus vraiment croire à la pérennité de leur activité. Le conflit n’a duré que deux jours et la position inflexible du ministre français de l’Agriculture et de la Commission Européenne a suffit à ramener les bateaux à quai. Comme si les marins constataient eux aussi que la mer est bien malade.
Le dernier rapport de la FAO paru en mars dernier a montré qu’avec des bateaux plus nombreux et plus puissants, les prises mondiales stagnaient autour de 90 millions de tonnes depuis quinze ans.
Les débarquements voient arriver des poissons plus petits qu’on va chercher plus loin. Les stocks de cabillaud de la mer du Nord se sont vraisemblablement effondrés comme ceux de Terre Neuve, une zone qu’on ne peut plus exploiter depuis 1992. Les pêcheurs ne voulaient pas le voir. Leur accablement et leur désespérance montrent qu’ils ont peut être arrêtés de se mentir à eux-mêmes
Loïc Chauveau