UNE TÉLÉ POUR ÉDUQUER, FAIRE RÊVER ET ALLER VERS
UN DÉVELOPPEMENT PLUS HUMAIN ET PLUS DURABLE

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Rédactrice en chef : Dominique Martin Ferrari
Journaliste : Grace Daya
Images : Jérôme Debernardi, Nathalie Verdier
Postproduction mise en ligne : N. Verdier
Copyright : Gaïa Network 2009

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DES NORD, DES SUD
 

Un Etat, une voix. Béni soit ce principe onusien ! Il nous a valu mercredi 9 décembre à Copenhague de voir le petit état de Tuvalu (12 000 habitants) vilipendé par la Chine (1,3 milliards d’hommes) et l’Inde (1,2 milliards). Le péché du négociateur tuvalien Taukiei Kitara? Avoir exigé un accord final qui impose une réduction des teneurs de gaz à effet dans l’atmosphère à 350 ppm en 2050 (contre 384 ppm aujourd’hui) pour maintenir l’élévation des températures terrestres à 1°5 seulement, contre les 2° communément tolérés. Pour les huit îles de cet archipel perdu dans le Pacifique, cet objectif est une question de vie ou de mort. Tuvalu est l’un des premiers états qui disparaîtrait avec la hausse du niveau des mers. Pour la Chine et l’Inde, mais aussi l’Arabie Saoudite, cette exigence est proprement scandaleuse car elle mettrait à mal le développement  économique et la sortie de la pauvreté d’une grande partie de l’Humanité. Ce mercredi après-midi là, sous l’œil intéressé des pays industrialisés, les membres du G77 regroupant les pays en voie de développement ont étalé leurs divisions. Et Tuvalu a obtenu une suspension des travaux !
La démonstration est donc faite : il n’y a pas «un» mais «des» Sud aux intérêts contradictoires, voire antagonistes. Les pays émergents sont entrés de plein pied dans un schéma de développement emprunté il y a cinquante ans par les pays riches: une croissance industrielle basée sur la consommation d’énergie fossile et l’accumulation de richesses par une classe moyenne et aisée de plus en plus nombreuse. Il n’est donc pas question de renoncer à cette voie, à peine accepte-t-on de l’amender à la marge. Les pays les moins avancés et les états îliens sont, eux, les premières victimes d’un modèle économique dont ils sont écartés et qui ne leur apporte rien ou presque. On comprend que la proposition de Tuvalu a des airs de provocation. On est d’ailleurs surpris par la réaction véhémente des deux géants démographiques au lilliput océanien. Aurait-on touché à une corde morale sensible ?
Mais déjà un prochain épisode s’annonce. Reconstitué le lendemain, le groupe des 77 vient de donner une proposition d’accord qui imposerait que tous les pays développés entrent dans le cadre juridique contraignant du protocole de Kyoto. Tous ? Tous, y compris… les Etats-Unis. Vous allez voir : il y a aussi «des» Nord.
 
Loïc Chauveau

 

 

 

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