UNE TÉLÉ POUR ÉDUQUER, FAIRE RÊVER ET ALLER VERS
UN DÉVELOPPEMENT PLUS HUMAIN ET PLUS DURABLE
Rédactrice en chef : Dominique Martin Ferrari
Journaliste : Grace Daya
Images : Jérôme Debernardi, Nathalie Verdier
Postproduction mise en ligne : N. Verdier
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TRIANGLE VICIEUX
Copenhague, on y est. Les négociations ouvrent ce lundi. Pas sous les meilleurs hospices. Le 24 novembre dernier, la circulation d'un brouillon d'accord rédigé
par le gouvernement danois qui pilote les tractations a mis à jour le redoutable piège dans lequel risque de s'enliser les discussions. Le texte danois faisait allusion à
un engagement des pays du sud d'infléchir leurs émissions de 15% d'ici 2020. Les pays du sud ne veulent entendre parler d'aucune contrainte et notamment ne
veulent pas qu'on leur impose une année de pic de leurs émissions. C'est ainsi que se dessine, selon l'institut du développement durable et
des relations internationales (Iddri) un redoutable triangle vicieux.
A la première pointe, l'Europe. Elle ne veut pas être la seule (avec le Japon, l'Australie et la Russie) à rester dans le cadre contraignant du protocole de Kyoto
et plaide pour que les autres régions du monde la rejoigne. La deuxième pointe, ce sont les Etats-Unis. L'administration Obama a avancé un petit -17%
de réduction en 2020 par rapport à 2005, mais n'entend pas se soumettre aux règles de mesures des émissions, de vérification et de sanction
par un organisme international en cas d'objectifs non respecté. Les Etats-Unis veulent d'autant plus rester maître chez eux que -troisième pointe-
les Chinois (et derrière eux, l'ensemble des pays en voie de développement) n'entendent se soumettre ni à des objectifs contraignants de réduction,
ni aux organismes de contrôle. Ces pays émergents sont cependant d'ardents défenseurs du protocole de Kyoto dont ils souhaitent la prolongation.
Bien évidemment parce qu'ils n'y sont pas soumis.
A l'ouverture des négociations, la balle est clairement dans les pays riches. Mis bout à bout, les engagements des Etats soumis au protocole de Kyoto donnent
une réduction de 12 à 16% des gaz à effet de serre d'ici 2020, soit 10% en dessous de ce que recommandent les scientifiques du GIEC. Et il n'y a
pas d'argent sur la table. Les Etats riches n'ont toujours pas financé le montant des aides à fournir aux pays en voie de développement pour qu'ils
puissent croître sans brûler de pétrole ou de charbon. Il existe une solution facile: laisser du temps au temps et faire glisser les objectifs de réduction de
2020 vers 2030. Mais la conséquence, c'est une atmosphère à 500 ppm en 2050 et une hausse générale des températures de 3° alors que
le 8 juillet dernier, le G20 réuni à Aquila (Italie) avait fait sien une limitation à 2° sensée éviter les désastres climatiques. Bref, disent déjà
depuis longtemps les plus pessimistes, on agira quand les catastrophes seront là.
Loïc Chauveau
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