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Rédactrice en chef : Dominique Martin Ferrari
Journaliste : Grace Daya
Images : Jérôme Debernardi, Nathalie Verdier
Postproduction mise en ligne : N. Verdier
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LE POINT A DIX JOURS DES NEGOCIATIONS


A l’entrée de la négociation, les joueurs commencent à abattre leurs cartes. Après avoir joué avec les nerfs des ONG, des climatologues et du secrétariat de la convention onusienne sur le changement climatique, les gros pollueurs de la planète donnent enfin des chiffres. Pour les Etats-Unis d’Obama, ce sera -17% de gaz à effet de serre d’ici 2020 par rapport à 2005, puis -30% d’ici 2025 et -42% en 2030. On jugera la proposition selon la vieille image du verre à moitié vide ou moitié plein. Les uns font remarquer que prendre comme référence l’année 2005 ne constitue qu’un effort minime pour des Etats-Unis qui sont de plus en pleine crise économique. Les autres saluent le retour de l’Amérique dans le jeu et notent qu’elle ne refuse plus des engagements contraignants. Les chinois sont plus succincts : ce sera une «intensité carbonique » inférieure de 40 à 45% en 2020 par rapport à 2005. Mais il n’est pas question de signer un protocole juridique. Il faudra juger sur pièces des efforts et la communauté internationale ne pourra rien imposer au pays le plus peuplé et le plus pollueur au monde. La sortie de la pauvreté des masses chinoises reste une priorité absolue. Pour la défense des Chinois, le système toujours en vigueur d’objectifs assignés par plans quinquennaux, vieil héritage communiste, fait preuve d’une certaine efficacité.
Les déclarations américaines et chinoises devraient en tout cas inciter les autres joueurs à abattre également leurs cartes. On pense surtout à l’Inde, pays violemment opposé à toute idée de réduction des émissions au non du nécessaire développement du pays. Les observateurs notent un infléchissement de cette ligne dure partagée jusqu’à présent par l’ensemble de la classe politique indienne, majorité et opposition confondues. C’est aujourd’hui la principale inconnue, car le Brésil et la Russie ne devraient plus désormais rester à l’écart du grand deal planétaire qui se dessine. A dix jours de l’ouverture des négociations, l’optimisme remonte.

Loïc Chauveau

 

 

 

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