UNE TÉLÉ POUR ÉDUQUER, FAIRE RÊVER ET ALLER VERS
UN DÉVELOPPEMENT PLUS HUMAIN ET PLUS DURABLE
Rédactrice en chef : Dominique Martin Ferrari
Journaliste : Grace Daya
Images : Jérôme Debernardi, Nathalie Verdier
Postproduction mise en ligne : N. Verdier
Copyright : Gaïa Network 2009
LE CLIMAT DEPEND DE LA FEMME AFRICAINE
Les femmes seront les premières victimes du réchauffement climatique. Le Fonds
des Nations Unies pour la population vient de rappeler cette cruelle évidence.
Moins «migrantes» que les hommes, gardiennes du foyer et des enfants, attachées
à la terre et aux récoltes, elles n’ont pas ou peu les moyens de prendre la
fuite devant la sécheresse, les inondations, les calamités.
Partout sur la planète, on assiste au même phénomène : le développement
économique, l’éducation, l’accès au soin et à la santé réduisent le nombre
d’enfants par femme. Le recours plus aisé aux méthodes contraceptives n’explique
pas tout. Les apprentissages scolaires incitent les jeunes filles à chercher un
avenir ailleurs que dans la construction plus ou moins assumée d’une famille.
Les méthodes malthusiennes employées il y a cinquante ans en paraissent
barbares. Pourquoi vasectomier ou ligaturer les trompes, quand un accès
obligatoire à l’école et au dispensaire est une «méthode » plus durable , plus
morale et plus respectueuse de l’être humain en général, de la femme en
particulier.
Le rapport onusien nous apprend que l’Amérique Latine, une bonne partie de
l’Asie, quelques régions de l’Inde voient la taille des familles se réduire avec
l’amélioration de la condition féminine. En trois décennies, l’Amérique latine
est tombée de 6,2 à 2,5 enfants par femme, pas très loin de la moyenne mondiale
de 2,1. Mais dans le même laps de temps, la fécondité de l’Afrique n’est passée
que de 6,4 à 5,3.. Dans vingt ans, la population du Mali sera multipliée par
deux, Bamako comptera 3,5 millions d’habitants. Les femmes africaines devront
chercher de l’eau toujours plus loin et craindre un risque de mourir en couches
500 fois plus élevé que les femmes européennes.
La condition de la femme africaine va devenir une question mondiale. Les
projections démographiques à 2050 donnent un résultat médian de 9,1 milliards
d’hommes avec une marge d’erreur allant de 8 à 10,4 milliards, une imprécision
due en grande partie à l’Afrique. Si ce continent qui vient de dépasser le
milliard d’hommes continue en effet sur ses bases démographiques actuelles, il
doublera sa population en quarante ans. Or, un milliard d’hommes rappelle
brutalement l’ONU, c’est en autre 1,5 milliards de tonnes de CO² de plus dans
l’atmosphère.
Loïc Chauveau
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