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Rédactrice en chef : Dominique Martin Ferrari
Journaliste : Grace Daya
Images : Jérôme Debernardi, Nathalie Verdier
Postproduction mise en ligne : N. Verdier
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LE CLIMAT DEPEND DE LA FEMME AFRICAINE



Les femmes seront les premières victimes du réchauffement climatique. Le Fonds des Nations Unies pour la population vient de rappeler cette cruelle évidence. Moins «migrantes» que les hommes, gardiennes du foyer et des enfants, attachées à la terre et aux récoltes, elles n’ont pas ou peu les moyens de prendre la fuite devant la sécheresse, les inondations, les calamités.
Partout sur la planète, on assiste au même phénomène : le développement économique, l’éducation, l’accès au soin et à la santé réduisent le nombre d’enfants par femme. Le recours plus aisé aux méthodes contraceptives n’explique pas tout. Les apprentissages scolaires incitent les jeunes filles à chercher un avenir ailleurs que dans la construction plus ou moins assumée d’une famille. Les méthodes malthusiennes employées il y a cinquante ans en paraissent barbares. Pourquoi vasectomier ou ligaturer les trompes, quand un accès obligatoire à l’école et au dispensaire est une «méthode » plus durable , plus morale et plus respectueuse de l’être humain en général, de la femme en particulier.
Le rapport onusien nous apprend que l’Amérique Latine, une bonne partie de l’Asie, quelques régions de l’Inde voient la taille des familles se réduire avec l’amélioration de la condition féminine. En trois décennies, l’Amérique latine est tombée de 6,2 à 2,5 enfants par femme, pas très loin de la moyenne mondiale de 2,1. Mais dans le même laps de temps, la fécondité de l’Afrique n’est passée que de 6,4 à 5,3.. Dans vingt ans, la population du Mali sera multipliée par deux, Bamako comptera 3,5 millions d’habitants. Les femmes africaines devront chercher de l’eau toujours plus loin et craindre un risque de mourir en couches 500 fois plus élevé que les femmes européennes.
La condition de la femme africaine va devenir une question mondiale. Les projections démographiques à 2050 donnent un résultat médian de 9,1 milliards d’hommes avec une marge d’erreur allant de 8 à 10,4 milliards, une imprécision due en grande partie à l’Afrique. Si ce continent qui vient de dépasser le milliard d’hommes continue en effet sur ses bases démographiques actuelles, il doublera sa population en quarante ans. Or, un milliard d’hommes rappelle brutalement l’ONU, c’est en autre 1,5 milliards de tonnes de CO² de plus dans l’atmosphère.

Loïc Chauveau

 

 

 

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