UNE TÉLÉ POUR ÉDUQUER, FAIRE RÊVER ET ALLER VERS
UN DÉVELOPPEMENT PLUS HUMAIN ET PLUS DURABLE
Rédactrice en chef : Dominique Martin Ferrari
Journaliste : Grace Daya
Images : Jérôme Debernardi, Nathalie Verdier
Postproduction mise en ligne : N. Verdier
Copyright : Gaïa Network 2009
CROISSANCE "VERTE"
C’est hallucinant, Batimat ressemble de plus en plus à Pollutec! Le grand rendez vous des métiers du bâtiment n’a plus rien à envier à la Mecque des industries et service de l’environnement. Du solaire ! De l’isolation ! De la récupération d’eau de pluie ! Des pompes à chaleur ! Vous seriez venu il y a cinq ans… vous n’auriez rien vu de tout cela. Le monde du BTP était alors plutôt remonté contre les «écolos» empêcheurs de bétonner en rond.
Oui mais voilà, le Grenelle de l’Environnement, la crise économique et le réchauffement climatique sont passés par là. L’environnement, c’est un marché, des emplois, de la croissance pour tout un secteur nostalgique des années 60 où l’on construisait beaucoup n’importe comment. Aujourd’hui, on bâtit peu, mais on a toutes les bêtises du passé à réparer. Les chiffres à plusieurs zéros ne cessent de danser. Il faudrait 600 milliards d’investissements d’ici 2020 pour mettre tous les bâtiments aux normes du réchauffement climatique. Pour adapter un immeuble aux normes basse consommation de 50 kWh/m²/an, compter 25 centimètres d’isolants sur les murs, trente sous les toits, une ventilation, des fenêtres double vitrage. Les syndicats d’artisans du bâtiment élaborent des labels de qualité et établissent des devis longs comme le bras. Avec le sourire.
Voilà la croissance, la croissance «verte». Des investissements qui réduisent les factures et sauvent le climat. C’est le «new deal» qui sauvera autant la planète que l’économie. L’expression n’est pas choisie par hasard. De l’autre côté de l’Atlantique, Barak Obama prend des accents rooseveltiens pour vendre des investissements massifs dans les énergies renouvelables et les économies de pétrole. Les Américains ne veulent pas entendre parler de limitation de gaz à effet de serre, mais ils sont plus réceptifs aux promesses de technologies qui ne les obligeraient pas à faire des sacrifices et créeraient en sus des emplois. Obama vient de déposer 532 milliards d’euros dans la corbeille des énergies renouvelables.
C’est bien connu, l’argent ne fait pas le bonheur. On aura beau empiler les milliards, les technologies ne sauveront pas la planète. Elles aideront seulement et modestement les hommes à le faire. Car c’est aux hommes de changer de mode de vie, d’habitudes de pensée, d’organisation du monde. C’est une évolution à tous les étages. Les habitants des immeubles basse consommation devront s’habituer à moins ouvrir les fenêtres, à bloquer le thermostat sur 19° l’hiver. Les voyageurs seront amenés à détester l’avion et la voiture, pour préférer le train et le vélo. Les citoyens du monde ne devront plus accepter qu’un milliard d’entre eux vivent avec moins de un euro par jour.
La croissance «verte » est certes une belle opportunité économique. Mais elle ne saurait représenter l’alpha et l’oméga des politiques publiques. Dans les années 60, la machine à laver devait libérer la femme. Ca été vrai. Jusqu’à un certain point.
Loïc Chauveau
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