UNE TÉLÉ POUR ÉDUQUER, FAIRE RÊVER ET ALLER VERS
UN DÉVELOPPEMENT PLUS HUMAIN ET PLUS DURABLE

retour accueil

 

 

Rédactrice en chef : Dominique Martin Ferrari
Journaliste : Grace Daya
Images : Jérôme Debernardi, Nathalie Verdier
Postproduction mise en ligne : N. Verdier
Copyright : Gaïa Network 2009

retour accueil

 "OPTIMISTE, CONTRAINT ET FORCE

A sept semaines de l’ouverture de la négociation de Copenhague, le sentiment général est qu’il y aura au mieux un accord minimal acté au dernier jour de la négociation, le 18 décembre. Un échec est possible. Et circule déjà le lieu de la «Conference of parties» (CoP) suivante, à Mexico à la fin de l’année 2010.

L’ambiance est donc à la morosité teintée d’un optimisme contraint et forcé. L’échec annoncé ne saurait condamner à la désespérance. A l’université de rentrée du WWF, Elise Buckel, tout comme Sébastien Godinot des Amis de la Terre ou Pascal Husting de Greenpeace ont reconnu qu’il n’y avait pas d’autre attitude possible que de tenter de positiver. «Pas possible de perdre ce combat» a-t-on entendu. Question de responsabilité vis-à-vis des générations futures. Un vent de défaitisme ne servirait à rien. Devant le blocage des négociations, les ONG se lancent dans une mobilisation de l’opinion publique qui n’est pas celle de la dernière chance. Les «flash mob » se veulent festives : le compte à rebours est commencé, tck tck tck, il n’est pas trop tard.

Jean-Louis Borloo est au diapason. Recevant quelques journalistes, il a – il y a quelques jours- redit sa parfaite foi dans une prolongation du protocole de Kyoto. Ni l’apathie américaine, ni l’opposition indienne, ni les réticences du Brésil n’entament la bonne humeur d’un homme qui a décidé depuis toujours de se positionner du côté du verre à moitié plein. Le ministre français du Développement Durable préfère parler de la position commune adoptée par les 53 pays africains sur les transferts de technologie (un plan non rendu public circule qui montre qu’en deux décennies, tous les Africains pourraient avoir accès à l’électricité à partir d’énergie renouvelable pour moins de 200 milliards d’euros, trois fois rien à l’échelle de la planète), de la ferme volonté d’agir des Chinois annonçant une amélioration de 20% de leur efficacité énergétique dès l’an prochain, ou encore des avancées timides sur la constitution d’un fonds d’adaptation au changement climatique. Et Borloo de balayer d’un revers de main les nuits de palabres des négociateurs. Selon lui, l’accord de Copenhague tient en une page quand 120 sont encore en cours de discussion.

Cette montagne de paperasses, d’acronymes abscons, de phrases entre crochets dont on discute la moindre virgule n’effraie évidemment pas l’un des membres de l’équipe française de négociation du protocole: «on voit bien ce qu’il faudrait faire pour réussir, et ce n’est pas grand chose » glisse ce diplomate. Car au delà des arguties juridiques et de la –réelle- difficulté de fondre la convention sur le climat signée à Rio en 1992 et le protocole adopté à Kyoto en 1997 en un seul traité international, plus personne ne doute de l’urgence climatique. Riches comme pauvres, et quel que soit le continent, l’émergence d’un monde sans émission de carbone est une certitude pour presque tous les dirigeants de la planète: «et au bout du compte, ce sont les chefs d’état qui décideront » conclut le négociateur.  

 

Loïc Chauveau

 

 

 

 

Copyright © 2006—2009, Gaïa Network. Tous droits réservés GAÏA-NETWORK