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Rédactrice en chef : Dominique Martin Ferrari
Réalisation, JRI : Nathalie Verdier, Grace Daya
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Postproduction mise en ligne : N. Verdier
Directrice de la publication: Isabelle Petit
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  TROIS QUESTIONS A:
 
Bernard Chevassus-au-Louis,
inspecteur général de l’agriculture, chercheur à l’Inra et président du groupe de travail sur «l’approche économique de la biodiversité»

«LA NATURE A UNE VALEUR ECONOMIQUE»

En 2005, les chercheurs réunis au sein Millenium Ecosystem Assessment ont évalué les services de prélèvement (nourriture, eau, bois de construction, fibres), les services de régulation (climat, cycle de l’eau, contrôle des ravageurs), les services culturels (bénéfices récréatifs, sportifs, esthétiques et spirituels) et les services d’auto-entretien (formation des sols, photosynthèse, cycle nutritif) rendus à l’homme par la nature. Si ces services cessaient, les pertes économiques seraient énormes. L’Inra a ainsi calculé que la disparition des pollinisateurs causerait dans le monde 153 milliards d’euros de pertes agricoles tous les ans.

Comment donner un prix ?

Dans notre rapport, nous avons utilisé trois méthodes. Le prix observé, c’est celui d’un bien pris dans la nature que l’on peut comparer avec un produit du marché. Le champignon ramassé dans la forêt a son équivalent commercialisé sur le marché de Rungis. Le prix révélé, c’est de considérer ce que l’on paie sans se rendre compte que c’est la nature qui fait le prix. Une maison en bordure de forêt coûte plus cher qu’une maison mitoyenne d’un parking. Enfin, il y a le consentement à payer. Combien êtes vous prêt à débourser pour sauver une baleine ou un rhinocéros? Cette dernière méthode est très contestée par les économistes au contraire des deux autres.

Que faire de cette évaluation économique ?

On pourrait établir une cartographie française de la valeur des écosystèmes. Ainsi, nous avons estimé qu’un hectare de forêt valait, toutes activités considérées, 1000 euros l’hectare alors que l’exploitation du bois seul ne représente que 10% de cette somme. Nous aurions ainsi une estimation réelle de la perte de valeur en cas de destruction. Le prix du service rendu à la nature pourrait ainsi être pris en compte dans les choix de tracé d’une autoroute à côté d’autres valeurs comme les économies de temps, les vies épargnées, le développement économique, etc.

 

 
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