retour accueil

 

 

jardin d'EDEN jardin d'EDEN jardin d'EDEN

Rédactrice en chef : Dominique Martin Ferrari
Réalisation, JRI : Nathalie Verdier, Grace Daya
Images : Gaïa Network
Postproduction mise en ligne : N. Verdier
Directrice de la publication: Isabelle Petit
Copyright : Gaïa Network 2010

retour accueil


A Koro, près de Bobo Dioulasso au sud du Burkina Faso, les villageois ont l’habitude de soigner leurs dermatoses avec une décoction d’écorce d’un arbre de la savane que la langue Moré nomme «Siiga», c'est-à-dire «âme». Pour les scientifiques, Siiga s’appelle Anogeissus leiocarpus et appartient à la famille des Combrétacées. Pour Olivier Marc, c’est aussi le point de départ d’une belle histoire.
Olivier Marc est un biologiste versée en ethnopharmacologie, cette branche scientifique très particulière qui s’intéresse aux remèdes traditionnels issus de plantes, d’insectes ou d’animaux. Sous le double mandat de l’Institut de recherche et développement (IRD) et de Dior, le chercheur a pour mission d’écumer la savane pour recueillir les pratiques de soins en cours dans les villages. C’est ainsi qu’il est tombé sur Koro: «dans ce village, les gens n’ont pas besoin de guérisseurs pour savoir qu’une décoction de l’écorce de Siiga réduit les démangeaisons, raconte Olivier Marc. Généralement, ils en boivent un peu avant de s’en asperger tout le corps».
Le reste tient de la palabre. Il faut expliquer au chef de village que l’arbre pourrait aussi servir aux «Nassaras», les blancs qui habitent dans les pays riches, convaincre les autorités qu’il ne s’agit pas du pillage organisé d’une richesse naturelle et assurer au contraire que l’exploitation de l’arbre peut permettre de développer la région. En 1997, le premier kilo d’écorce atterrit sur les paillasses de Dior.
Anogeissus leiocarpus recèle un ingrédient riche en dérivés de l’acide ellagique. Cette molécule est efficace sur les fibroblastes, les cellules du derme contenant le collagène. Depuis 2004, le produit est bon pour un service actif dans les crèmes de soin. L’an dernier, une tonne et demie d’écorces de cet arbre sauvage très commun a été exportée par le Burkina Faso. Outre une rentrée de devises modeste mais imprévue, l’exploitation de la plante permet de payer 25 jeunes pendant un mois et demi, sans compter les cantinières et les artisans chargés de construire les séchoirs.
L’exploitation de Siiga a réveillé l’intérêt pour les plantes. Un jardin botanique pédagogique regroupant une centaine d’espèces végétales de la savane attire les touristes vers Koro. Olivier Marc est, lui, sur une autre aventure encore secrète: «une deuxième plante est actuellement étudiée par les labos de Dior».

                                              Loïc Chauveau

 

 
Copyright © 2006—2010, Gaïa Network. Tous droits réservés GAÏA-NETWORK